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CREGG - Club de Réflexion des Cabinets et Groupes d’Hépato-Gastroentérologie

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Dépistage du cancer colo-rectal

CREGG, dernière modification le 1/04/15 Imprimer

Depuis 2008, le dépistage organisé du cancer colo-rectal a été instauré en France en raison de l’épidémiologie qui montre un accroissement régulier du nombre de cas au cours des 20 dernières années.

Actuellement, on dénombre 40 000 cas par an de cancers colo-rectaux déclarés en France en moyenne vers l’âge de 70 ans. Le risque est faible avant 50 ans mais il existe des cas jeunes, dans 5% des cas et le risque de cancer colo-rectal s’accroît avec l’âge pour devenir, après 85 ans, la première cause de mortalité par cancer dans notre pays (le cancer étant la première cause de mortalité en France).

Le dépistage a été instauré car lorsqu’il est pris tôt, le cancer colo-rectal se guéri très bien (plus de 80% ou 90% de chance de guérison) et que, d’autre part, au début, lorsqu’il est de petite taille, il n’est responsable d’aucun symptôme particulier.

Ce cancer est d’autre part accessible à la prévention puisqu’il se forme à partir d’un polype dans la plupart des cas. Ce polype grossit progressivement au fil des années, sans entraîner de symptôme particulier et on considère qu’un polype met 8 à 9 ans pour dégénérer en cancer. L’exérèse des polypes permet d’avoir un effet préventif avec une baisse du risque de cancer dans les 5 ans qui suivent, de 60% à 90% des cas dans les études publiées ces dernières années.

Les pays dont le système de santé est développé ont mis en œuvre au cours de ces dernières années des programmes de dépistage qui sont tous différents et qui reposent sur des objectifs divers avec une organisation propre à chaque pays.

Le dépistage du cancer colorectal repose, principalement, sur deux méthodes : les techniques de recherche de sang occulte dans les selles (technique indirecte) et l’endoscopie (recto sigmoidoscopie ou coloscopie totale) qui est une technique diagnostic direct.

Les méthodes de prévention reposent principalement sur l’endoscopie préconisée chez les personnes à risque élevé ou très élevé dans le but de dépister des lésions pré-cancéreuses et d’en effectuer l’exérèse. La prévention primaire est partiellement efficace et consiste à éviter ce qui est considéré comme un facteur de risque de cancer du côlon c'est-à-dire : consommation excessive d’alcool, alimentation riche en graisses animales ou en viande rouge, sédentarité, surcharge pondérale.

Les facteurs de risque les plus importants sont toutefois génétiques et lorsqu’il existe des antécédents familiaux en particulier du 1er degré, la coloscopie totale est recommandée afin de dépister et de réséquer les polypes et permet de réduire le risque en dessous du risque moyen.

En France, le choix d’une méthode simple et non invasive a été effectué par recherche de sang occulte dans les selles avec un test HEMOCCULT à partir de 50 ans (il n’est pas logique de s’arrêter à 74 ans puisque le risque de cancer continue à augmenter après cet âge). Ce test n’a aucune valeur diagnostique à titre individuel mais lorsqu’il est effectué sur une population, il permet, dans les études réalisées en particulier en France, de réduire dans cette population, la mortalité par cancer colorectal de 18% sans modifier le nombre de cancers qui surviennent annuellement. Ce test a une sensibilité de 50% pour le cancer (seule la moitié des cancers peut être détectée par ce test). D’autre part, les polypes non hémorragiques ne sont pas dépistés par ce test.

Pour toutes ces raisons, ce test est réservé exclusivement aux personnes ne se plaignant d’aucune symptomatologie digestive et ne présentant pas de facteur de risque considéré comme élevé : maladie inflammatoire chronique de l’intestin, antécédents personnels de polype ou de cancer, antécédents familiaux de polype supérieur à 1cm avant 60 ans, de cancers colo-rectaux du 1er degré, deux antécédents de cancer colorectal du 2nd degré...

Chaque année, 40 000 français vont donc se voir découvrir un cancer du côlon et 18 000 vont en décéder. Actuellement 112 00 personnes sont soignées en France pour ce cancer (numéro 1). Il faut agir et en premier lieu sur soi-même.

Il est donc très important que chaque français se pose la question de connaître son risque de cancer colo-rectal (bien connaître les causes de décès chez les collatéraux en particulier du 1er degré) et se renseigne sur les recommandations en matière de dépistage et de prévention.

Les gastro-entérologues sont aussi là pour renseigner la population et effectuer des préconisations en dehors de tout symptôme. Les consultations sont d'accès très facile sur tout le territoire.

Après 50 ans, chaque français doit avoir fait un test de dépistage qui consiste, actuellement, à réaliser, soit un test de recherche de sang occulte dans les selles de type HEMOCCULT soit une coloscopie totale.

Dr Eric Vaillant
Secrétaire général du CREGG