Questions autour du cancer

Introduction
Historique des MICI
Ce que l’on sait de la pathogénie, de l’épidémiologie, de la fréquence et des facteurs favorisants
Apprendre à vivre avec une maladie inflammatoire chronique intestinale
Les signes de la maladie
Les étapes du traitement médical
La place de la chirurgie dans le traitement
L’alimentation : des conseils diététiques au traitement nutritionnel
Questions autour de la grossesse
Les formes de la maladie chez l’enfant
La déminéralisation osseuse au cours des MICI
Questions autour du cancer
Voyages et loisirs : Questions pratiques
Glossaire
Crédits

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Nouvelle version 2019 My MICI Book

Cancer colique et rectocolite hémorragique Un porteur de MICI a-t-il plus de risque d’avoir un cancer du côlon ? Oui. On considère que l’existence d’une maladie inflammatoire du côlon favorise le risque de cancer colique. Toutefois ce risque n’apparaît qu’après de longues années d’évolution de la maladie inflammatoire. Au cours de la rectocolite hémorragique le risque de développer un cancer colique est de 7% à 10 ans, de 10% après 25 ans d’évolution. On estime que ce risque est supérieur à celui de la population générale après 10 ans d’évolution. Ce risque est d’autant plus important que la maladie inflammatoire est plus étendue, mal contrôlée médicalement et qu’elle est associée à une cholangite sclérosante.

Pourquoi y a-t-il plus de risque d’avoir un cancer du côlon lorsqu’on est porteur d’une MICI ? Il faut savoir que, chez les patients qui ne souffrent pas de MICI, le cancer du côlon se développe le plus souvent à partir d’un polype, c’est-à-dire d’une tumeur bénigne qui apparaît au niveau de la muqueuse du côlon. Après un certain nombre d’années, au niveau de la muqueuse du polype, apparaissent des anomalies architecturales, on parle de dysplasie*. Des anomalies du même type peuvent être observées au cours de la rectocolite hémorragique sur une muqueuse plane et sont à l’origine du cancer. C’est ce type d’anomalie qui est recherché par des biopsies* multiples systématiques réalisées dans le cadre de la prévention du cancer colique des MICI.

En dehors des coloscopies faites dans le cadre de poussée de la maladie, faut-il faire des coloscopies pour dépister des prémices de cancer colique ? Oui. La coloscopie* est l’examen de référence dans le dépistage du cancer du côlon. Chez les patients ayant une MICI avec atteinte colique, des coloscopies de surveillance sont indispensables en dehors de toute manifestation clinique. Le but n’est pas de dépister un cancer au début mais plutôt de détecter des anomalies précancéreuses à un stade précoce.

Quand débuter cette surveillance ? Tout dépend de la localisation, de l’étendue de la maladie et de son ancienneté. En cas d’atteinte de l’ensemble du côlon, le programme de surveillance doit être débuté entre la 8ème et la 10ème année, en cas de colite gauche (ne dépassant pas l’angle gauche) entre la 10ème et la 15ème année. En cas de lésion limitée au rectum, il n’est pas nécessaire de réaliser de dépistage. Par contre, quelle que soit l’étendue de la maladie, l’existence d’une cholangite sclérosante associée incite à débuter la surveillance immédiatement. Comment faire cette surveillance ? Seule la coloscopie permet une surveillance adaptée car elle seule permet la réalisation de biopsies*. Les examens de selles, les radiographies du côlon (lavement baryté) sont donc inutiles. Au cours de la coloscopie, de multiples biopsies* seront réalisées sur l’ensemble du côlon, environ tous les 10 cm. Le gastro-entérologue réalisant la coloscopie pourra être amené à réaliser une coloration (chromo-endoscopie) qui permettra de repérer des zones suspectes et de cibler les biopsies. Ces prélèvements seront confiés à un anatomopathologiste qui recherchera des signes de dysplasie*. Que fait-on si l’on découvre une dysplasie* ? La découverte d’une dysplasie*, si elle est confirmée par un autre anatomopathologiste, est l’indication d’une colectomie totale avec de préférence proctectomie* s’il s’agit d’une dysplasie* de haut grade. En cas de dysplasie* de bas grade, la même attitude pourra être conseillée d’emblée ou après un contrôle endoscopique 3 à 6 mois plus tard. Que fait-on si l’on ne découvre pas de dysplasie* ? Lorsque les biopsies* réalisées au cours de la coloscopie n’ont pas révélé de dysplasie*, il est impératif de poursuivre le programme de surveillance qui consistera à réaliser une coloscopie tous les 2 ans jusqu’à la 20ème année d’évolution de la RCH, puis tous les ans ou tous les ans d’emblée s’il existe également une cholangite sclérosante*.

Cancer colique et maladie de Crohn

En ce qui concerne la maladie de Crohn, on dispose de beaucoup moins de données. Toutefois, on tend à proposer le même programme de surveillance pour les localisations coliques de la maladie de Crohn que pour la rectocolite hémorragique.

Cancer du grêle et maladie de Crohn

Les cancers du grêle* sont tout à fait exceptionnels dans la population générale. Au cours de la maladie de Crohn touchant l’intestin grêle*, dans les formes très évolutives et après plus de 25 ans d’évolution, le risque est certes plus élevé que dans la population générale mais reste minime. Compte tenu de cet élément, il n’est pas justifié de proposer un programme de surveillance spécifique.

Risque de cancer lié au traitement des MICI

Au cours des MICI, il est fréquent d’être amené à utiliser des immunosuppresseurs. Ces médicaments, en favorisant une diminution des défenses immunitaires, sont susceptibles de favoriser l’apparition de cancer et en particulier de lymphome. Toutefois, les multiples études de suivi réalisées dans les MICI n’ont pas montré d’augmentation du risque de cancer et particulièrement de lymphome entre les patients traités par immunosuppresseurs et la population générale. Une étude française baptisée CESAME est toutefois en cours actuellement pour évaluer l’éventuel sur-risque occasionné par la prise d’immunosuppresseurs au cours des MICI.

Peut-on prévenir la survenue d’un cancer colique ou d’une dysplasie ?

Bien que les données actuelles soient parcellaires, il semble exister un rapport bénéfice/ risque en faveur d’un traitement continu par 5-ASA chez tout patient porteur de MICI touchant le côlon.

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