Déroulement d’une cure en hôpital de jour
Le patient fait systématiquement une numération formule sanguine la veille ou le jour du traitement. Certains centres de chimiothérapie disposent d’une unité d’hématologie permettant une obtention des résultats quasi-immédiate.
Le patient est alors vu par un médecin oncologue qui analyse les résultats biologiques, fait une évaluation clinique avec un interrogatoire précis du patient sur les suites de la cure précédente. Dans le cas d’une première cure cet entretien permet d’expliquer le déroulement des séances, les effets secondaires possibles et de détailler les prescriptions qui sont faites. Il en profite pour vérifier si la prémédication a été prise comme il est nécessaire dans certains protocoles. Le médecin, en fonction de l’examen, indique sur le dossier patient (dans certaines unités existence de cahiers ou fiches de chimiothérapie), les médicaments et doses, ainsi que les modalités d’administration des médicaments de chimiothérapie (par exemple, gemcitabine, 1500 mg dose totale, diluée dans 250 ml de sérum physiologique, en perfusion de 150 minutes). Dans certains hôpitaux de jour, il existe des fiches de prescription infirmières qui deviennent un document de travail autant pour le médecin (posologies, modalités d’administration), que pour l’infirmière, car cette dernière y fait figurer les heures de pose de perfusion.
Le malade est ensuite accueilli par l’infirmière qui le prend en charge. Les patients sont installés sur des fauteuils ou des lits selon leur souhait, leur état de fatigue ou le traitement reçu. La perfusion est débutée.
Quasiment partout en France, les malades sont équipés d’un port-a-cath ( voir chapitre site implantable), afin de faciliter la pose de la perfusion et de limiter les extravasations qui peuvent être redoutables avec certaines drogues (anthracyclines, navelbine..).
A la fin de la perfusion les patients quittent l’hôpital avec le rendez vous pour leur prochaine séance et/ou leur consultation de bilan.
Les traitements sur un jour
C’est le cas le plus simple. Les patients reçoivent leur traitement sur place et repartent chez eux sans aucune contrainte. Très souvent les traitements anticancéreux sont utilisés en polychimiothérapie pour bénéficier d’effets synergiques. Le malade reçoit alors chacun des principes actifs simultanénement ou successivement selon le protocole. Systématiquement sont associés des antiémétiques adaptés au traitement reçu, et plus ou moins personnalisés selon la sensibilité du patient aux cures précédentes
Les traitements sur plusieurs jours
Un grand progrès a été fait avec le developpement d’infuseurs portables. Le principe est une diffusion régulière (par différence de pression), et selon une durée précise, du médicament présent dans la poche ou les canaux. Ces infuseurs sont portables et reliés directement au site implantable, ce qui permet aux patients d’être autonomes et non tributaires d’une perfusion nécessitant une potence. Il en existe de nombreuses sortes plus ou moins sophistiquées.
Les pompes multicanaux sont d’utilisation complexe : remplissage attentif, programmation informatique nécessitant une formation spécifique des infirmières et médecins, permanence téléphonique afin de gérer les appels des patients en difficulté. Ces pompes ne sont pratiquement que très peu utilisées, dans le cadre de certains protocoles de recherche. De plus elles sont assez encombrantes pour les patients (format d’un grand sac à mains), plus ou moins lourdes. Elles sont réutilisables.
Les infuseurs à poche simple sont en revanche très utilisés. Il s’agit d’un petit flacon, de 15 à 20 cm de haut selon la marque, de 2 à 4 cm de diamètre, qui s’attache à la ceinture comme un téléphone portable. Le remplissage est très simple. Leur usage est unique. Quand l’infuseur est vide, l’infirmière qui le débranche le jette. Sa taille présente l’avantage de la discrétion, ce qui est un gros atout pour certains malades qui ne souhaitent pas que des collègues de travail, par exemple, soient au courant de leur maladie.
Lorsque le patient quitte l’hôpital de jour avec son infuseur branché il mène une vie quasi-normale : il peut se doucher avec précaution en veillant simplement à ne pas humidifier la zone du PAC, pour dormir l’infuseur se porte à la taille dans son étui. Le retrait de la pompe peut se faire à domicile par une infirmière libérale sachant manipuler les sites implantables et aiguille de Huber. Encore trop peu d’infirmières libérales se sont formées à cet acte qui va se développer.