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Cancer colique et rectocolite hémorragique
Un porteur de MICI a-t-il plus de risque davoir un cancer du côlon?
Oui. On considère que lexistence dune maladie inflammatoire du côlon favorise le risque de cancer colique. Toutefois ce risque napparaît quaprès de longues années dévolution de la maladie inflammatoire. Au cours de la rectocolite hémorragique le risque de développer un cancer colique est de 7 % à 10 ans, de 10 % après 25 ans dévolution. On estime que ce risque est supérieur à celui de la population générale après 10 ans dévolution. Ce risque est dautant plus important que la maladie inflammatoire est plus étendue, mal contrôlée médicalement et quelle est associée à une cholangite sclérosante.
Pourquoi y-a-t-il plus de risque davoir un cancer du côlon lorsquon est porteur dune MICI ?
Il faut savoir que, chez les patients qui ne souffrent pas de MICI, le cancer du côlon se développe le plus souvent à partir dun polype, cest-à-dire dune tumeur bénigne qui apparaît au niveau de la muqueuse du côlon. Après un certain nombre dannées, au niveau de la muqueuse du polype, apparaissent des anomalies architecturales, on parle de dysplasie. Des anomalies du même type peuvent être observées au cours de la rectocolite hémorragique sur une muqueuse plane et sont à lorigine du cancer. Cest ce type danomalie qui est recherché par des biopsies multiples systématiques réalisées dans le cadre de la prévention du cancer colique des MICI.
En dehors des coloscopies faites dans le cadre de poussée de la maladie, faut-il faire des coloscopies pour dépister des prémices de cancer colique ?
Oui. La coloscopie est lexamen de référence dans le dépistage du cancer du côlon. Chez les patients ayant une MICI avec atteinte colique, des coloscopies de surveillance sont indispensables en dehors de toute manifestation clinique. Le but nest pas de dépister un cancer au début mais plutôt de détecter des anomalies précancéreuses à un stade précoce.
Quand débuter cette surveillance ?
Tout dépend de la localisation, de létendue de la maladie et de son ancienneté. En cas datteinte de lensemble du côlon, le programme de surveillance doit être débuté entre la 8ème et la 10ème année, en cas de colite gauche (ne dépassant pas langle gauche) entre la 15ème et la 20ème année. En cas de lésion limitée au rectum, il nest pas nécessaire de réaliser de coloscopie totale. Par contre, quelle que soit létendue de la maladie, lexistence dune cholangite sclérosante associée incite à débuter la surveillance immédiatement.
Comment faire cette surveillance ?
Seule la coloscopie permet une surveillance adaptée, car elle seule permet la réalisation de biopsies. Les examens de selles, les radiographies du côlon (lavement baryté) sont donc inutiles. Au cours de la coloscopie, de multiples biopsies seront réalisées sur lensemble du côlon, environ tous les 10 cm.
Ces prélèvements seront confiés à un anatomopathologiste qui recherchera des signes de dysplasie.
Que fait-on si lon découvre une dysplasie ?
La découverte dune dysplasie, si elle est confirmée par un autre anatomo-pathologiste, est a priori lindication dune coloproctectomie avec anastomose iléo-anale.
Que fait-on si lon ne découvre pas de dysplasie ?
Lorsque les biopsies réalisées au cours de la coloscopie nont pas révélé de dysplasie, il est impératif de poursuivre le programme de surveillance qui consistera à réaliser une coloscopie annuelle.
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