Les MICI :
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La déminéralisation osseuse au cours des MICI

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Glossaire

Qu’est-ce que la déminéralisation osseuse ?
Il s’agit d’une réduction de la masse minérale osseuse, on parle également d’ostéopénie. Il convient de distinguer :
• l’ostéoporose : raréfaction de la masse minérale osseuse sans trouble de la minéralisation (pas de décalcification).
• l’ostéomalacie : raréfaction de la masse minérale osseuse par déminéralisation (par défaut de fixation du calcium souvent dû à une carence en vitamine D) .
En fait, l’os n’est pas une structure fixée. Il s’agit d’un tissu qui évolue constamment avec des phénomènes de résorption et de reconstruction. C’est le déséquilibre entre la résorption et la reconstruction qui est source d’ostéopénie.

Pourquoi peut-il y avoir une déminéralisation osseuse au cours des mici ?

Tout individu est exposé à l’ostéoporose. Les femmes ont leur capital osseux maximum à l’âge de 20 ans, les hommes à 30 ans. A partir de cet âge, les phénomènes de résorption osseuse deviennent supérieurs aux phénomènes de reconstruction. Plus on avance en âge, plus le déficit osseux s’accentue. Ce déficit est accentué par des apports calciques insuffisants, la ménopause, le tabagisme, la consommation excessive de boissons alcoolisées, l’absence d’activité physique, des antécédents familiaux d’ostéoporose.

Au cours des MICI, à ces facteurs, s’ajoutent l’inflammation des tissus et les troubles de l’absorption.

L’inflammation déclenche la sécrétion de certaines protéines (les cytokines) qui déséquilibrent la balance entre résorption et reconstruction osseuse.
En particulier dans les atteintes du grêle de la maladie de Crohn, l’absorption de la vitamine D et du calcium (indispensables au maintien d’une bonne densité osseuse) peut être réduite.
Surtout l’utilisation prolongée de corticoïdes peut réduire la masse osseuse à la fois en réduisant la reconstruction osseuse et en stimulant la résorption.

Comment se manifeste la déminéralisation osseuse ?

Longtemps la déminéralisation osseuse reste silencieuse, on parle simplement d’ostéopénie. Ce n’est que dans les stades avancés que peuvent survenir des fractures (soit spontanées, soit à l’occasion de traumatisme léger), des tassements vertébraux. Une ostéopénie modérée multiplie le risque de fracture par 2, l’ostéoporose par 4 à 5.

Comment savoir si on a une déminéralisation osseuse ?

La minéralisation osseuse peut s’évaluer par densitométrie osseuse. Grâce à l’utilisation de rayons X, cet examen inoffensif et totalement indolore qui dure entre 3 et 10 minutes (l’exposition aux rayons X représente 2 % de celle occasionnée par une radiographie des poumons) permet de déterminer la charge osseuse. Cette mesure se fait au niveau des vertèbres et des hanches qui sont les os les plus touchés.

Faut-il rechercher systématiquement une ostéoporose au cours des mici ?

Il s’agit d’une question difficile pour laquelle il n’y a pas actuellement de réponse univoque.

Bien que la densitométrie osseuse soit un examen simple, indolore, non invasif, de faible coût (mais non remboursé actuellement en France par les Caisses d’Assurance Maladie), il n’est pas certain que toutes les MICI nécessitent en routine une densitométrie osseuse.

Il semble toutefois que cet examen soit souhaitable :

au cours de la maladie de Crohn, qu’elle ait déjà été sous corticoïdes ou non,
chez les patients à risque en particulier les hommes, les femmes méno-pausées, les fumeurs et les MICI actives difficilement contrôlées par le traitement,
les rectocolites hémorragiques qui ont reçu des traitements corticoïdes prolongés.

Comment traiter la déminéralisation osseuse ?

Les modalités thérapeutiques évoluent beaucoup actuellement. On tend à proposer :

lune supplémentation par voie orale en calcium et en vitamine D,
lune hormonothérapie substitutive chez les femmes ménopausées,
lles biphosphonates, de plus en plus souvent proposés en cas d’ostéoporose, d’autant plus que des corticoïdes sont nécessaires.

Peut-on prévenir la déminéralisation osseuse ?

Il est possible de limiter les risques, sans assurer que cette prévention mettra à l’abri à 100 %. Pour cela il faut :

avoir des apports alimentaires calciques suffisants,
avoir une activité physique régulière,
arrêter le tabagisme,
réduire la consommation de boissons alcoolisées,
corriger un déficit hormonal,
éviter autant que faire se peut les traitements corticoïdes prolongés,
mettre en route un traitement préventif systématique si une corticothérapie à forte dose et prolongée est envisagée.