Les MICI :
Pourquoi en parler ?

Historique des MICI

Ce que l’on sait
de la pathogénie, de l’épidémiologie, de la fréquence et des facteurs favorisants

Vivre avec une maladie inflammatoire chronique intestinale

Les signes de la maladie

Les étapes du traitement médical

La place de la chirurgie dans le traitement

L'alimentation : des conseils diététiques au traitement nutritionnel

Questions autour de la grossesse

Les formes de la maladie chez l’enfant

La déminéralisation osseuse au cours des MICI

Questions autour du cancer

Voyages et loisirs : questions pratiques

Les droits sociaux des malades

Glossaire

Les patients atteints de MICI ou leurs proches se posent de nombreuses questions à propos d’une éventuelle grossesse. Nous disposons aujourd’hui de suffisamment d’informations pour apporter des réponses précises à ces différentes interrogations.

La fertilité est-elle influencée par la MICI ?

La fertilité féminine
On observe chez les femmes atteintes de MICI une diminution de 20 à 40 % du nombre de grossesses. En réalité, cette diminution n’est pas due à une baisse de la fertilité de la femme, mais plutôt à la crainte de démarrer une grossesse. Attitude quelquefois encouragée par des médecins mal renseignés. La fécondité des patientes atteintes de MICI est comparable à celle des autres femmes. Il n’y a donc pas de risque d’hypofécondité liée à la maladie.

La fertilité masculine
La fertilité masculine n’est pas affectée par la maladie. Toutefois, la prise de salazopyrine peut s’accompagner d’anomalies spermatiques, source d’hypofertilité. Ces anomalies disparaissent à l’arrêt du traitement ; elles n’existent pas avec le 5-ASA qui est un dérivé de la salazopyrine.

Existe-t-il un risque de transmission de la maladie à l’enfant ?

Dans 15 à 35 % des cas, on observe dans la famille d’un patient porteur d’une MICI, une autre personne atteinte. Mais en réalité, le risque de transmettre la maladie à son enfant est extrêmement faible (estimé à 1 % seulement) quand un seul des deux parents est porteur de la maladie. Dans l’état actuel de la recherche, il n’y pas de marqueur d’une éventuelle prédisposition génétique.

La grossesse a-t-elle des répercussions sur la maladie ?

Lorsque la maladie est quiescente au moment de la conception, le risque de déclencher une poussée n’est pas plus important.

En revanche, lorsque la maladie est active au début de la grossesse, l’évolution est très variable : dans un tiers des cas, la maladie s’aggrave ; dans un autre tiers, elle s’améliore ; l’évolution chez un tiers des patientes reste stable. Il est donc difficile d’équilibrer la maladie dans ces conditions, et il est plus raisonnable de planifier une grossesse dans une période de quiescence de la maladie.

La présence de stomie digestive n’est pas une contre-indication à une grossesse.

La maladie a-t-elle des répercussions sur la grossesse ?

Le risque de malformations congénitales, d’hypotrophie fœtale, et d’enfant mort-né n’est pas augmenté par la MICI. En revanche, celui d’un avortement spontané semble être un peu plus élevé que chez les autres femmes, surtout quand la maladie est active en début de grossesse.

De même le risque d’accoucher prématurément est plus élevé chez les patientes atteintes de MICI, ce qui justifie une surveillance rigoureuse au troisième trimestre de la grossesse.

L’enfant naîtra le plus souvent par les voies naturelles. Une césarienne peut cependant être décidée en cas d’atteinte ano-périnéale sévère ou lorsque la continence anale est précaire et risque d’être menacée par l’accouchement.

Quels médicaments peut-on utiliser pendant la grossesse ?

Les corticoïdes
Ils peuvent être prescrits si besoin chez la femme enceinte. Le risque de provoquer une insuffisance surrénalienne chez l’enfant est extrêmement faible. Il semble justifié d’observer une période de surveillance clinique (poids, diurèse) et biologique (glycémie) du nouveau-né.

La salazopyrine
La salazopyrine n’est pas contre indiquée. Le traitement pourra être poursuivi si nécessaire aux doses efficaces les plus faibles.

La nutrition parentérale
Une nutrition artificielle pauvre en lipides peut également être proposée sans risque.

Les nouveaux médicaments
La mésalazine et les nouveaux dérivés du 5-ASA
Concernant les médicaments plus récents, comme la mésalazine et les nouveaux dérivés du 5-ASA, ils ne sont théoriquement pas conseillés chez la femme enceinte parce qu’on ne dispose pas d’un recul suffisant. Ils pourront être administrés pendant la grossesse si nécessaire aux doses efficaces les plus faibles.

Le métronidazole
De même, les données concernant le métronidazole chez la femme enceinte sont insuffisantes pour pouvoir conseiller cette prescription. Là encore, des femmes prenant du métronidazole ont toutefois pu mener correctement leur grossesse à terme.

L’azathioprine et le 6-mercaptopurine
La suspension de ces traitements en cas de grossesse est souhaitable ; ils devraient être interrompus chez l’homme et la femme dans les trois mois qui précèdent la conception. Cependant, des grossesses ont été menées à bien chez des patientes prenant ce médicament pour des raisons vitales (transplantation rénale) ; aussi, lorsque ce médicament est inévitable, il est possible de ne pas s’opposer à une grossesse sous azathioprine.

Le méthotrexate
Le méthotrexate ne peut être administré chez la femme enceinte. Une grossesse survenant chez une patiente prenant du méthotrexate doit par conséquent être interrompue en raison du risque de malformation fœtale.

Quels médicaments sont contre-indiqués pendant l’allaitement ?

Seule la salazopyrine peut être utilisée sans danger durant l’allaitement. La mésalazine et les nouveaux dérivés du 5-ASA (comme toute nouvelle molécule) sont contre-indiqués par mesure de précaution car le recul est faible, mais ils ne présentent potentiellement aucun risque.
Tous les autres médicaments y compris les corticoïdes doivent être évités durant la lactation.

Toutes les grossesses se déroulent-elles de la même façon chez une même femme ?
Non. Le déroulement de la maladie au cours de la grossesse ne préjuge en rien du déroulement des suivantes.

Quelle contraception peut utiliser une patiente porteuse d’une MICI ?

La contraception par stérilet ou œstro-progestatifs est possible au cours de la maladie et n’a pas d’influence sur l’évolution de celle-ci.