Les MICI :
Pourquoi en parler ?

Historique des MICI

Ce que l’on sait
de la pathogénie, de l’épidémiologie, de la fréquence et des facteurs favorisants

Vivre avec une maladie inflammatoire chronique intestinale

Les signes de la maladie

Les étapes du traitement médical

La place de la chirurgie dans le traitement

L'alimentation : des conseils diététiques au traitement nutritionnel

Questions autour de la grossesse

Les formes de la maladie chez l’enfant

La déminéralisation osseuse au cours des MICI

Questions autour du cancer

Voyages et loisirs : questions pratiques

Les droits sociaux des malades

Glossaire

On pose souvent la question de savoir ce qu’il faut manger lorsqu’on a une maladie de Crohn ou une rectocolite hémorragique ; la réponse pourrait être : mangez ce que vous supportez. Cette formule n’est pas la plus mauvaise mais elle ne convient pas toujours. Selon les cas, phase quiescente, poussée évolutive modérée, poussée sévère et complications, les conseils et mesures hygiéno-diététiques seront différents.

Absence d’évolutivité de la maladie

Ici, il faudra se méfier des régimes restrictifs que s’impose volontairement le patient à la suite d’interprétation trop rapide ou d’expériences malheureuses. La recommandation diététique essentielle sera de respecter un régime équilibré en vue d’assurer un apport nutritif adéquat - ne pas hésiter à demander conseil au médecin ou à la diététicienne.
En corollaire, pour ménager le tube digestif et conserver le plaisir de manger, on pourra remplacer les gros repas par des repas plus fréquents et moins abondants ; en effet, la tolérance à un aliment donné varie avec la quantité que l’on consomme en une fois. Enfin, manger lentement, bien mâcher, prendre ses repas dans le calme.

En cas d’évolutivité de la maladie

Suivre un régime répond à deux préoccupations :

améliorer le confort digestif,
prévenir certaines complications liées à la malad
ie et au traitement.

Améliorer le confort digestif
Un régime pauvre en fibres (diminution de la consommation de légumes à fibres dures, salades, crudités, légumes secs, céréales complètes,...) diminuera les phénomènes douloureux liés au ballonnement.

Le lait est mal supporté dans la maladie intestinale en raison du lactose qu’il contient ; il est mieux supporté sous forme de fromages cuits, ou de yaourts à condition de ne pas être pris glacés. Le lait écrémé a les mêmes inconvénients que le lait entier puisqu’il contient autant de lactose. Il est en revanche possible d’utiliser, sous forme de prescription médicale, du lait sans lactose (AL 110). Son goût assez fade peut être modifié par l’adjonction de sucre.

Une mauvaise absorption des graisses est soupçonnée lorsque les selles sont entourées d’une auréole grasse ; elle sera confirmée par une analyse des selles. Il faudra alors réduire la quantité de graisses utilisées pour la préparation du repas (une petite quantité de beurre frais peut être maintenue). Lorsque les graisses alimentaires sont mal absorbées, elles peuvent être remplacées par des graisses d’absorption plus facile : les triglycérides à chaîne moyenne, désignées souvent par le sigle T.C.M., disponibles en pharmacie sur prescription médiale.

Méfions-nous de la consommation de bonbons et de chocolat dit « sans sucre » dont la saveur sucrée est due à des « polyols » ce qui peut entraîner une diarrhée.

Rappelons qu’il est important de boire suffisamment, et d’alterner boissons sucrées et boissons salées, prises à température normale, jamais glacées, à raison d’au moins 2 litres par 24 heures.

Enfin, ici plus qu’ailleurs, il n’y a que des avantages à fragmenter les repas.

Prévenir les complications de la maladie ou du traitement
Des carences nutritionnelles, les effets secondaires de la corticothérapie peuvent être évités par une alimentation rationnelle. Des apports caloriques, protidiques, vitaminiques et en sels minéraux suffisants permettent d’éviter la survenue de carence et d’empêcher des pertes de poids trop importantes pendant les poussées.

Par ailleurs, votre médecin pourra prescrire, dans certains cas, un régime pauvre en sucre et en sel, ou au contraire riche en calcium et en vitamine D, cela afin de prévenir les effets indésirables de la cortisone.

Pour terminer, il vous rappellera dans la maladie de Crohn la nécessité d’arrêter de fumer. L’arrêt du tabac, cela est maintenant parfaitement démontré, diminue le risque de recourir à une solution chirurgicale ou un traitement immunosuppresseur. Cet effet bénéfique serait encore plus marqué chez les femmes.

Trois techniques
Le traitement nutritionnel peut être mis en place selon trois techniques basées sur des modes d’administration différents : oral, entéral et parentéral.
• Le traitement nutritionnel oral : Le mélange nutritif est alors absorbé par la bouche. Il est donné seul ou en complément d’une alimentation normale.
• La nutrition entérale : L’alimentation est apportée directement dans l’intestin grêle proximal ou dans l’estomac par l’intermédiaire d’une sonde passant par le nez.
• La nutrition parentérale : Elle consiste à supprimer toute alimentation par le tube digestif et à utiliser la voie veineuse en plaçant dans la veine du patient un cathéter dit central.

Poussée sévère et complications

Le traitement nutritionnel
Dans ce cas, la façon de se nourrir ne se limite pas à prévenir comme précédemment un nombre d’inconvénients liés à la maladie, mais va réellement servir de base au traitement de la maladie. Un certain nombre de situations conduira votre médecin à envisager ce type de traitement avec vous. Par exemple, en cas de dénutrition sévère isolée, ou en cas de dénutrition associée à une forme grave ou compliquée de la maladie ou bien encore devant une forme résistante au traitement usuel de la maladie.

Ces situations bien que rares bénéficient grandement de l’apport des techniques d’alimentation assistée. Le traitement nutritionnel pourra intervenir soit comme une thérapeutique adjuvante, soit comme un traitement spécifique de la MICI.

Le traitement adjuvant
Il s’agit de compenser les déficits caloriques, protidiques, vitaminiques ou en sels minéraux qui aggravent l’état de malnutrition, voire de dénutrition de certains malades.

Le traitement spécifique
Une autre approche thérapeutique consiste à mettre au repos le tube digestif pour traiter la MICI lorsqu’existe une poussée aiguë ou une complication.

Cette technique peut être utilisée :

soit d’emblée,
soit secondairement en cas d’échec relatif du traitement médical,
soit en présence de fistules ou de localisations ano-périnéales,
soit en période péri-opératoire,
ou encore lorsque la maladie a nécessité des résections intestinales très étendues (syndrome dit du grêle court), empêchant une alimentation normale.

Des traitements qui relèvent de centres spécialisés
La nutrition entérale et parentérale relèvent de centres très spécialisés, car elles nécessitent une parfaite maîtrise de ces techniques. Une bonne information des patients et de leur entourage permet cependant de rendre ces traitements compatibles avec une vie presque normale.
L’administration peut se faire de manière continue (24 heures sur 24) ou discontinue (essentiellement nocturne). Habituellement, leur durée d’utilisation ne dépasse pas 4 à 6 semaines.

Lorsque l’administration doit être prolongée, elle est effectuée à domicile et l’on parle de nutrition artificielle à domicile.