Les MICI :
Pourquoi en parler ?

Historique des MICI

Ce que l’on sait
de la pathogénie, de l’épidémiologie, de la fréquence et des facteurs favorisants

Vivre avec une maladie inflammatoire chronique intestinale

Les signes de la maladie

Les étapes du traitement médical

La place de la chirurgie dans le traitement

L'alimentation : des conseils diététiques au traitement nutritionnel

Questions autour de la grossesse

Les formes de la maladie chez l’enfant

La déminéralisation osseuse au cours des MICI

Questions autour du cancer

Voyages et loisirs : questions pratiques

Les droits sociaux des malades

Glossaire

Très souvent, les MICI sont bien contrôlées par un traitement médical. Parfois il sera néanmoins utile d’avoir recours à une intervention chirurgicale.
Quand faut-il opérer ?
Plusieurs circonstances peuvent conduire à envisager une opération chez un patient atteint d’une MICI, notamment lorsque :

• une complication survient,
• le traitement médicamenteux est inefficace, surtout s’il s’agit d’une forme sévère de la maladie,
• le traitement est insuffisamment efficace et ne permet pas d’éviter un retentissement important de la maladie sur l’état général et sur la qualité de vie,
• des doses importantes de
médicaments étant nécessaires pour contrôler la maladie, elles entraînent des effets secondaires gênants.

Quels types d'interventions sont utilisé ?

Le but de l’intervention étant d’enlever l’organe malade (ou la partie d’organe) ou de traiter une éventuelle complication, le type d’intervention utilisé dépend de la localisation des lésions et de la nature des complications.

Colectomie totale avec anastomose iléo-rectale

Colectomie totale avec anastomose iléo-anale

La rectocolite hémorragique
Les lésions de la RCH se limitent au côlon et au rectum. Le chirurgien va donc pratiquer une résection complète (coloproctectomie totale, c’est-à-dire ablation du côlon et du rectum) ou quasi-complète (colectomie avec conservation du rectum) de ces organes. La continuité du tube digestif est alors rétablie en raccordant la partie terminale de l’intestin grêle :

soit à l’anus naturel, en créant éventuellement à ce niveau une «poche» destinée à remplacer les fonctions de réservoir du rectum (anastomose iléo-anale) ;
soit à la partie supérieure du rectum laissée en place (anastomose iléo-rectale) ;
soit directement à la peau (anus artificiel ou iléostomie).
La coloproctectomie totale permet une guérison complète puisque la RCH n’atteint que le côlon et le rectum. L’anastomose iléo-anale est le procédé de référence car elle permet de conserver la fonction sphinctérienne et, par la création d’un réservoir à la place du rectum, de limiter le nombre de selles. Sa réalisation est cependant délicate, elle nécessite plusieurs interventions. Des complications sont possibles : infection, inflammation du réservoir (« pochite »). A long terme, ce type d’intervention sera un échec dans 5 % des cas environ.

La maladie de Crohn
La maladie de Crohn peut atteindre, de façon plus ou moins étendue, tous les segments du tube digestif. Son traitement chirurgical est donc plus problématique. Les lésions sont généralement traitées par une résection « économe » de la partie atteinte dans l’objectif de limiter au maximum la longueur des segments intestinaux enlevés. Cela est fondamental au niveau de l’intestin grêle qui est nécessaire à la bonne assimilation des aliments. Les deux extrémités de l’intestin sain sont alors raccordées. Au niveau du côlon, la résection peut être plus étendue comme dans le cas de la RCH, sans conséquence majeure.

Quelles complications relèvent d'un traitement chirurgical ?

Il est fait appel au chirurgien, principalement dans les circonstances suivantes :

  1. traiter certaines lésions ulcérées : les ulcérations exposent en effet à diverses complications – perforations, obstructions intestinales, hémorragies –, mais ces ulcérations cèdent souvent facilement au traitement médical ; si bien que le chirurgien n’intervient que dans 20 % des cas environ,
  2. en cas d’hémorragie grave ou de colectasie (dilatation brutale et importante du côlon), la chirurgie en urgence s’impose alors,
  3. 3. traiter la plupart des fistules (communication entre deux organes intra-abdominaux) et surtout des abcès. Cependant, l’arrivée des nouveaux traitements, en particulier des anti-TNF va très certainement faire diminuer le nombre d’interventions rendues nécessaires par les fistules,
  4. intervenir sur les rétrécissements intestinaux (sténoses) souvent présents dans la maladie de Crohn. La décision opératoire est prise si des douleurs abdominales ou un risque potentiel d’occlusion existent. Deux techniques chirurgicales sont possibles. La résection du segment lésé est proposée si les sténoses ne sont pas trop étendues. A l’inverse, la technique conservatrice, qui permet de laisser la zone malade en place est préférable lorsque les rétrécissements sont nombreux et dispersés. Le chirurgien élargit alors le diamètre de l’intestin, grâce à des incisions ou en le calibrant par un procédé mécanique.
  5. dans certains cas, le rétrécissement peut être atteint par un endoscope. La dilation (dilatation endoscopique) sera alors effectuée à l’aide d’un ballonnet gonflable sans qu’il soit nécessaire de pratiquer une intervention chirurgicale.

Le traitement chirurgical est-il susceptible de guérir la maladie ?

Lorsque l’intervention a permis de retirer la totalité ou la plus grande partie de la zone malade, le patient retrouve généralement un bon état général et un fonctionnement digestif très amélioré. Toutefois, le résultat obtenu est moins spectaculaire si une partie importante d’intestin a dû être enlevée, car les capacités digestives en sont réduites d’autant.

Dans la rectocolite,
Le chirurgien ayant enlevé l’organe « cible », tout risque de récidive peut être écarté. Mais parfois une partie du rectum est laissée en place et la maladie peut continuer d’évoluer à ce niveau. La tendance est actuellement d’ôter en totalité le côlon et le rectum pour éviter cette situation.

Dans la maladie de Crohn,
Le chirurgien n’enlève jamais la totalité de la muqueuse digestive susceptible d’être atteinte. Aussi, après l’intervention l’amélioration est le plus souvent spectaculaire, mais ne protège pas des récidives. Un traitement médical préventif des rechutes doit être envisagé dans certaines situations mais une nouvelle poussée est en effet possible. Environ 30 % des patients rechutent dans les 5 ans ; et 60 % devront être réopérés dans les 15 ans qui suivent la première intervention.