Les MICI :
Pourquoi en parler ?

Historique des MICI

Ce que l’on sait
de la pathogénie, de l’épidémiologie, de la fréquence et des facteurs favorisants

Vivre avec une maladie inflammatoire chronique intestinale

Les signes de la maladie

Les étapes du traitement médical

La place de la chirurgie dans le traitement

L'alimentation : des conseils diététiques au traitement nutritionnel

Questions autour de la grossesse

Les formes de la maladie chez l’enfant

La déminéralisation osseuse au cours des MICI

Questions autour du cancer

Voyages et loisirs : questions pratiques

Les droits sociaux des malades

Glossaire

Bien que la maladie de Crohn et la rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH) fassent partie d’un même groupe de maladies - les MICI - leur expression clinique et leur évolution sont différentes. Nous examinerons donc successivement l’une et l’autre. En revanche, les explorations conduisant au diagnostic et utiles à la surveillance sont les mêmes.
C’est pourquoi, elles sont regroupées à la fin du chapitre.

La maladie de Chron

Les symptômes
La maladie s’exprime par des signes digestifs, mais aussi non digestifs.

Les signes digestifs :
Les manifestations digestives varient selon le segment digestif atteint.

Si la maladie touche l’iléon, elle se révèle le plus souvent par des douleurs abdominales et de la diarrhée.

Les douleurs peuvent parfois simuler une appendicite aiguë ; le diagnostic n’est alors fait qu’après l’intervention chirurgicale.
L’intensité de la diarrhée est variable. Quelquefois modérée, elle alterne avec des épisodes de constipation. D’autres fois abondante, elle s’accompagne d’une mauvaise absorption des aliments au niveau de l’intestin grêle. Dans ce cas, on observe un amaigrissement – parfois important –. Mais le plus souvent, l’état général n’est pas altéré. Une fièvre peut cependant apparaître en cas d’infection.

Lorsque la maladie siège au niveau du côlon, avec ou sans atteinte du grêle, les symptômes sont peu différents. L’existence de lésions du rectum associées est responsable de douleurs, de faux besoins, parfois d’émission de glaires ; dans ce cas, des lésions anales existent souvent (30 % des cas). Il s’agit de fissures, d’ulcérations, d’abcès avec fistule, ou d’un rétrécissement du canal anal.
Quelquefois la maladie se limite à la région ano-rectale.

Les différentes localisations de la maladie de Crohn :

• le grêle terminal est atteint isolément dans 29 % des cas,
• l’iléon et le cæcum dans 50 % des cas,
• l’ensemble du côlon droit et une partie du côlon transverse dans 19 % des cas, les lésions siègent dans la partie terminale du côlon : rectum et sigmoïde dans 2 % des cas.

Les manifestations non digestives
A côté des symptômes digestifs, il existe des manifestations générales – dites systémiques – présentes dans 20 % des cas. Elles touchent différents organes : articulations (polyarthrites), peau (érythème noueux, ulcérations cutanées), yeux (conjonctivite), foie,... Ces manifestations sont plus fréquentes lors de l’atteinte colique.

Lorsque les manifestations générales ou les symptômes ano-rectaux sont au premier plan, le diagnostic peut être difficile à faire.

Evolution de la maladie de Crohn
La maladie de Crohn est une maladie chronique, faite d’une succession de périodes de «poussées aiguës» et de rémissions. Elle débute le plus souvent chez l’adulte jeune – entre 20 et 30 ans –, mais elle peut aussi survenir chez l’enfant.
La vraie question pour le médecin, et surtout pour le patient, est de connaître à l’avance l’évolution. La réponse est difficile.

En effet, l’importance des lésions constatées par la coloscopie ne permet pas de prévoir l’évolution de la maladie ni sa réponse au traitement. De même, aucun marqueur biologique ne permet à ce jour de suspecter une rechute. Toutefois, un certain nombre d’informations sur votre état, recueillies pendant la consultation, permettent de calculer des scores associant des éléments cliniques et biologiques. Ils permettent d’apprécier l’activité de la maladie.
On décrit ainsi différentes formes évolutives de la maladie : les formes récurrentes, bénignes ou sévères. Fort heureusement, l’évolution de la maladie est modifiée par les traitements.

Les complications de la maladie
La plupart des complications peuvent être évitées ou arrêtées dans leur évolution par le traitement. D’où la nécessité de suivre correctement la prescription et les conseils du médecin et de se faire suivre régulièrement par celui-ci. En dehors de la fistule, les complications sont rares.

La fistule
La complication la plus fréquente est la fistule. Elle est due à des phénomènes inflammatoires avec constitution d’un abcès qui finit par s’ouvrir dans les organes voisins. Ainsi la fistule met en communication le segment intestinal malade avec un autre segment digestif, ou avec un organe du voisinage (vessie, organes génitaux chez la femme, ou peau).
La constitution d’une fistule s’accompagne de douleurs, d’une altération de l’état général et de fièvre.

L’occlusion intestinale
Elle est la conséquence du rétrécissement d’un segment digestif ; elle cède le plus souvent à un traitement médical.

La perforation intestinale est rare
Elle constitue une urgence chirurgicale en raison des risques liés à la péritonite aiguë.

Les hémorragies
Les lésions intestinales peuvent saigner, mais ces hémorragies sont généralement très discrètes.
Le risque de survenue d’un cancer intestinal
Il est exceptionnel. Sa prévention passe par des contrôles endoscopiques
réguliers mais espacés.

Mais aussi :

L’état inflammatoire et la malabsorption intestinale des aliments peuvent
parfois être responsables d’une anémie, de la présence de graisse dans les selles et d’une fuite des protéines ; le tout pouvant aboutir à un état de dénutrition avec amaigrissement et œdèmes.
Le risque de calculs de la vésicule biliaire est plus élevé que dans une population normale, de même que celui de calculs rénaux.
Une surcharge en
graisse du foie (stéatose) peut exister.

La surveillance de la maladie
La surveillance est indispensable : elle permet d’adapter le traitement, de juger de l’efficacité de celui-ci, et de contrôler l’absence de complication. Elle est essentiellement clinique, l’endoscopie n’occupant qu’une place limitée. La pratique d’une coloscopie à intervalles réguliers (avec biopsies) – après un certain temps d’évolution de la colite inflammatoire – a pour seul objectif de dépister d’éventuelles lésions « précancéreuses ».

Chaque patient est un cas particulier
En réalité, il n’est pas possible de codifier un suivi médical standard. Le choix et le rythme des explorations sont fonction du tableau clinique, de l’importance des rechutes, de l’extension de la maladie et de son ancienneté. Les visites de surveillance doivent être rapprochées dans les premières années de la maladie.