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Les manifestations non digestives
A côté des symptômes digestifs, il existe des manifestations générales dites systémiques présentes dans 20 % des cas. Elles touchent différents organes : articulations (polyarthrites), peau (érythème noueux, ulcérations cutanées), yeux (conjonctivite), foie,... Ces manifestations sont plus fréquentes lors de latteinte colique.
Lorsque les manifestations générales ou les symptômes ano-rectaux sont au premier plan, le diagnostic peut être difficile à faire.
Evolution de la maladie de Crohn
La maladie de Crohn est une maladie chronique, faite dune succession de périodes de «poussées aiguës» et de rémissions. Elle débute le plus souvent chez ladulte jeune entre 20 et 30 ans , mais elle peut aussi survenir chez lenfant.
La vraie question pour le médecin, et surtout pour le patient, est de connaître à lavance lévolution. La réponse est difficile.
En effet, limportance des lésions constatées par la coloscopie ne permet pas de prévoir lévolution de la maladie ni sa réponse au traitement. De même, aucun marqueur biologique ne permet à ce jour de suspecter une rechute. Toutefois, un certain nombre dinformations sur votre état, recueillies pendant la consultation, permettent de calculer des scores associant des éléments cliniques et biologiques. Ils permettent dapprécier lactivité de la maladie.
On décrit ainsi différentes formes évolutives de la maladie : les formes récurrentes, bénignes ou sévères. Fort heureusement, lévolution de la maladie est modifiée par les traitements.
Les complications de la maladie
La plupart des complications peuvent être évitées ou arrêtées dans leur évolution par le traitement. Doù la nécessité de suivre correctement la prescription et les conseils du médecin et de se faire suivre régulièrement par celui-ci. En dehors de la fistule, les complications sont rares.
La fistule
La complication la plus fréquente est la fistule. Elle est due à des phénomènes inflammatoires avec constitution dun abcès qui finit par souvrir dans les organes voisins. Ainsi la fistule met en communication le segment intestinal malade avec un autre segment digestif, ou avec un organe du voisinage (vessie, organes génitaux chez la femme, ou peau).
La constitution dune fistule saccompagne de douleurs, dune altération de létat général et de fièvre.
Locclusion intestinale
Elle est la conséquence du rétrécissement dun segment digestif ; elle cède le plus souvent à un traitement médical.
La perforation intestinale est rare
Elle constitue une urgence chirurgicale en raison des risques liés à la péritonite aiguë.
Les hémorragies
Les lésions intestinales peuvent saigner, mais ces hémorragies sont généralement très discrètes.
Le risque de survenue dun cancer intestinal
Il est exceptionnel. Sa prévention passe par des contrôles endoscopiques
réguliers mais espacés.
Mais aussi :
Létat inflammatoire et la malabsorption intestinale des aliments peuvent
parfois être responsables dune anémie, de la présence de graisse dans les selles et dune fuite des protéines ; le tout pouvant aboutir à un état de dénutrition avec amaigrissement et dèmes.
Le risque de calculs de la vésicule biliaire est plus élevé que dans une population normale, de même que celui de calculs rénaux.
Une surcharge en graisse du foie (stéatose) peut exister.
La surveillance de la maladie
La surveillance est indispensable : elle permet dadapter le traitement, de juger de lefficacité de celui-ci, et de contrôler labsence de complication. Elle est essentiellement clinique, lendoscopie noccupant quune place limitée. La pratique dune coloscopie à intervalles réguliers (avec biopsies) après un certain temps dévolution de la colite inflammatoire a pour seul objectif de dépister déventuelles lésions « précancéreuses ».
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