Les MICI :
Pourquoi en parler ?

Historique des MICI

Ce que l’on sait
de la pathogénie, de l’épidémiologie, de la fréquence et des facteurs favorisants

Vivre avec une maladie inflammatoire chronique intestinale

Les signes de la maladie

Les étapes du traitement médical

La place de la chirurgie dans le traitement

L'alimentation : des conseils diététiques au traitement nutritionnel

Questions autour de la grossesse

Les formes de la maladie chez l’enfant

La déminéralisation osseuse au cours des MICI

Questions autour du cancer

Voyages et loisirs : questions pratiques

Les droits sociaux des malades

Glossaire

Vous lirez le plus souvent : Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin, plus rarement Maladies Inflammatoires « Cryptogénétiques » (étymologiquement de cause inconnue) de l’Intestin.

L’imprécision de ces termes révèle les limites de nos connaissances actuelles. Cela explique l’engouement des chercheurs qui, heureusement, commencent à comprendre leurs mécanismes et donc à nous proposer des traitements plus adaptés.

Le concept de MICI, c’est déjà plus d’un siècle de recherche, d’échecs parfois, d’efforts déçus, d’hypothèses incertaines.
Il individualise essentiellement deux maladies :
La RCH : rectocolite hémorragique
(ou UC : ULCERATIVE COLITIS de nos amis anglo-saxons)
La MC : maladie de Crohn
(ou CD : CROHN’S DISEASE), les médecins aimant bien laisser leur nom à leur « maladie ».

Des descriptions sommaires, mais douteuses de maladies inflammatoires de l’intestin sont déjà données dans des textes anciens (Arétée de Cappadoce...). Plus structurés, et malheureusement oubliés des historiens, sont les écrits d’ABERCROMBIE, médecin écossais réputé en son temps. Celui-ci consacre dans son ouvrage, édité en 1837, plus de 80 pages « Aux affections inflammatoires de la membrane muqueuse du canal intestinal ». Il y décrit déjà, sur des comptes-rendus d’autopsies, les lésions retrouvées dans la MC et la RCH, mais il ne propose pas un cadre syndromique. Ce que fait Samuel WILKS en 1859.

Voilà donc une maladie, ou plutôt deux et peut être même plus, reconnues depuis plus d’un siècle... et toujours si mal connues. On s’étonne que le SIDA soit encore mal compris et mal traité, mais c’est une maladie récente.

WILKS et MORSON en 1875 décrivent bien les aspects anatomo-cliniques de la RCH, et proposent l’appellation (ulcerative colitis ou UC), et Hale WHITE en détermine le cadre nosologique en 1895.
Quant à la MC, si MOSCHOWITZ et WILENSKY, en 1923 et 1927, furent les premiers à parler de « granulome non spécifique de l’intestin grêle », la paternité de cette maladie revient en 1932 à CROHN et ses collaborateurs GINSBURG, OPPENHEIMER et BERG du Mount Sinaï Hospital (New York), qui rapportèrent 14 cas « d’iléite terminale ». Mais malheureusement «l’histoire» est une fois de plus injuste, car en y regardant de plus près, et c’est souvent le cas en médecine, la maladie de Crohn avait déjà été décrite : en effet 19 ans auparavant Sir T. Kennedy DALZIEL, dans le British Medical Journal, décrivait l’iléite terminale.

Plus tard LOCKHART-MAMMERY, BUSSEL, MORSON... montreront que la MC ne se localise pas uniquement à l’iléon (partie terminale de l’intestin grêle), mais peut toucher le côlon, l’anus, le périnée, l’œsophage...

Toujours est-il que de nombreux débats ont opposé ceux qui pensaient que ces deux maladies sont deux formes différentes d’une même maladie, à ceux qui les séparent formellement (ce qui est actuellement la théorie la plus admise).
Il est clair qu’à ce jour le cadre des MICI n’est pas parfaitement précis. Toutes les recherches faites tendent à corroborer l’hypothèse qu’il s’agit de maladies dites « multifactorielles », faisant intervenir probablement :

une « prédisposition génétique »,
des causes immunologiques, où le corps s’auto-attaque, comme dans une sorte de désapprobation du « soi », ou de « non-reconnaissance »,
des causes infectieuses,
des facteurs environnementaux (mode de vie, alimentation, tabac ...),
des perturbations des m
écanismes de l’inflammation, ....

Tout cela est complexe, mais passionne les chercheurs actuellement. Il est certain que les progrès sont réels, car l’on ne vit pas « trop mal » avec ces maladies qui pouvaient tuer facilement, dans leurs formes graves, il y a seulement 30 ans.
Les voies de la recherche sont nombreuses. Des portes s’ouvrent dans la compréhension des mécanismes de ces maladies (et donc de leur traitement) même si, pour l’instant, elles demeurent « chroniques ».