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Le cancer du pancréas
Auteurs : ARTRU Pascal, LLEDO Gérard
Dernière modification : 15/01/2003

Généralités

Epidémiologie

L’incidence est de 5 000 nouveaux cas par an en France.
Les facteurs favorisants sont le tabagisme, parfois une pancréatite chronique.

 

Anatomopathologie

On distingue les adénocarcinomes (90% des cancers du pancréas) des autres tumeurs : cystadénocarcinomes ou tumeurs endocrines notamment .

 

Classification TNM

T - Tumeur
TX Renseignements insuffisants pour classer la tumeur primitive
T0 Pas de signe de tumeur primitive
Tis carcinome in situ
T1 Tumeur limitée au pancréas, <2 cm dans son plus grand diamètre
T2 Tumeur limitée au pancréas, > 2 cm dans son plus grand diamètre
T3 Tumeur étendue directement à n’importe lequel des organes suivants : duodénum, canal biliaire, tissu péripancréatique
T4 Tumeur étendue directement à n’importe lequel des organes suivants : estomac, rate, côlon, gros vaisseaux adjacents

N - Adénopathies régionales
NX Renseignements insuffisants pour classer les adénopathies régionales
N0 Pas de métastase ganglionnaire régionale
N1 Envahissement des ganglions lymphatiques régionaux
N1a Envahissement d’un seul ganglion
N1b Envahissement de plusieurs ganglions

M - métastases à distance
MX Renseignements insuffisants pour classer les métastases à distance
M0 Pas de métastase à distance
M1 Présence de métastase(s) à distance*

 

Pronostic

Au moment du diagnostic seulement 10 % des patients sont potentiellement curables par une exérèse complète, 90 % étant localement avancés ou métastatiques .

La survie médiane tous stades confondus est de 6 mois. Moins de 5% des patients survivent à 5 ans. Les cancers réséqués ont une survie médiane de 12 à 19 mois et une survie à 5 ans de 20 %.
Les cancers métastatiques ont une survie médiane de 3 à 6 mois et une survie à 5 ans de 0 %. Les cancers localement avancés (inextirpables mais non métastatiques au diagnostic) ont une survie médiane de 7 à 8 mois est une survie à 5 ans quasi nulle.

Diagnostic

Symptomatologie

La maladie est souvent révélée par des douleurs épigastriques à irradiation dorsale volontiers intenses empêchant le sommeil. En cas d’atteinte de la tête du pancréas, l’ictère par compression de la voie biliaire principale est classique, une sténose duodénale est également possible plus tardivement avec des vomissements. L’altération de l’état général est presque constante avec anorexie et amaigrissement souvent important. Parfois la maladie est révélée par la décompensation d’un diabète ou l’apparition d’une diarrhée.

 

Moyens diagnostiques

Le scanner spiralé et l’écho-endoscopie (réalisée sous anesthésie) sont les examens les plus performants. Ces examens permettent la biopsie indispensable pour connaître la nature de la tumeur de laquelle dépend le traitement.

 

Bilan préthérapeutique

Il faut rechercher des métastases (scanner TAP) et en leur absence vérifier la résécabilité de la tumeur (envahissement vasculaire ?).

 

Méthodes thérapeutiques

 

La chirurgie
Elle est le plus souvent palliative (dérivation digestive ou biliaire). L’exérèse est possible dans 10 % des cas. La rechute loco-régionale ou métastatique survient cependant dans 70 à 80 % des cas.

l’association radio-chimiothérapie (ARCC) adjuvante à la chirurgie .
La radiothérapie délivre 45 à 50 Gy en 5 à 6 semaines et est associée au 5-FU continu à faible dose. Elle permet une diminution des rechutes locales mais le gain en survie reste faible.

la chimiothérapie et l’ARCC palliative
Dans les maladies localement avancées, il existe un effet palliatif des deux techniques. Dans les maladies métastatiques, l’effet palliatif est démontré pour les chimiothérapies par l’association de 5-FU et cisplatine ainsi que pour la gemcitabine.

 

Stratégies thérapeutiques

L’approche thérapeutique est médico-chirurgicale :

  • En cas de tumeur opérable, le traitement sera chirurgical avec duodénopancréatectomie céphalique (DPC) en cas de tumeur de la tête ou splénopancréatectomie gauche en cas de tumeur corporéo-caudale, les traitements adjuvants sont en essais thérapeutiques.
  • En cas de cancer localement avancé ou de métastases, le premier temps sera symptomatique : drainage biliaire en cas d’ictère, dérivation digestive si compression duodénale, contrôle de la douleur. Après peuvent se discuter chimiothérapie +/- ARCC.

 

Ce qu’il faut retenir :

  • Le cancer du pancréas est un cancer de mauvais pronostic.

  • Son diagnostic est le plus souvent tardif , à un stade non curable.

  • Le seul traitement curatif est chirurgical.

  • Le traitement symptomatique (ictère, alimentation, douleur) est fondamental .